La République française est le nom officiel de la France, de son État et de son régime politique. Le sigle RF correspondant est également officiel.
Le nom de République française a recouvert plusieurs régimes républicains français depuis la proclamation de la première république en 1792 :
Pendant la Révolution française, à partir de la proclamation de la République (Convention, Directoire) (1792-1799)
Deuxième République (1848-1851)
Troisième République (1870-1940)
Quatrième République (1946-1958)
Cinquième République (depuis 1958)
Les symboles de la République
Le drapeau tricolore
C'est sous la Révolution française, entre le dimanche 12 et le vendredi 17 juillet 1789, que les trois couleurs sont adoptées comme couleurs de la liberté. Il y eut certes, le 17, l'association à l'hôtel de ville de Paris, des deux cocardes nationale et parisienne. Il y eut surtout le triomphe des deux gardes de la Maison du roi qui sont rentrés les premiers dans la Bastille. Leur uniforme était tricolore. Ainsi le peuple s'est-il approprié avec enthousiasme les trois couleurs qui appartenaient exclusivement au roi. Ces trois couleurs apparaîssent à la fête de la Fédération (14 juillet 1790) associées de différentes manières sur de nombreux drapeaux, en particulier sur ceux de la Garde parisienne appelée nationale.
Les couleurs de Paris entourant celle du roi semblent une interprétation qui date des débuts de la Troisième République : il importait en effet à l'époque de rallier à la fois les anciens communards, ayant porté le drapeau rouge, et les monarchistes, attachés au drapeau blanc. L'oubli du blanc national et l'association du blanc avec le roi sont bien sûr postérieurs au soulèvement vendéen de 1793 qui est à l'origine de cette symbolique reprise par la Restauration.
La Marseillaise
Elle fut écrite par Rouget de Lisle à Strasbourg dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la suite de la déclaration de guerre à l'empereur d'Autriche. Elle portait alors le titre de « Chant de guerre pour l'armée du Rhin ».
Le texte est très inspiré d'une affiche de propagande diffusée à cette époque. L'origine de la musique est plus discutée, puisqu'elle n'est pas signée (contrairement aux autres compositions de Rouget de Lisle), et qu'elle semble trop complexe pour avoir été écrite par lui, qui n'était pas un grand musicien. Elle aurait été composée par Jean-Baptiste Grisons (1746-1815), maître de chapelle à Saint-Omer dans son oratorio Esther (1775). À l'écoute, l'inspiration ne fait aucun doute.
Marianne
Marianne incarne la République. Les premières représentations d'une femme à bonnet phrygien, bonnet qui représente les esclaves brisant leurs liens et qui deviennent citoyens, qui symbolise la liberté et la République française. Son buste est présent dans les mairies et son visage est dessiné sur les timbres poste.
Le coq
Le choix du coq comme symbole français remonte à la chute de l' empire romain pendant la creation de la gaule et tire son origine du jeu de mot entre gallus (coq) et Gallus (Gaulois). Bien que souvent utilisé comme symbole de la France, notamment par les fédérations sportives, il n'a jamais été choisi comme symbole officiel.
Le Président de la République
La présidence dans la Cinquième République est la plus haute fonction de l'État. Cette fonction a été conçue par opposition aux Présidents de la IIIe et de la IVe Républiques, lesquels n'étaient là, selon l'expression consacrée, que pour « inaugurer les chrysanthèmes »
L'élection
Depuis un référendum de 1962, le président de la République est élu au suffrage universel direct. Le scrutin est uninominal et comporte deux tours. La durée de sept ans de son mandat est passé à cinq ans depuis la réforme constitutionnelle de 2000 instaurant le quinquennat, qui a pris effet pour la première fois avec la réélection de Jacques Chirac en 2002.
En cas d'impossibilité pour le Président, constatée par le Conseil constitutionnel, d'exercer ses fonctions présidentielles, c'est le président du Sénat qui assure l'intérim. Jusqu'à présent, seul Alain Poher a dû assumer cette tâche : en 1969 après la démission de Charles de Gaulle et à nouveau en 1974 après le décès de Georges Pompidou.
Les pouvoirs
Les deux lectures de la Constitution
Le Général de Gaulle a fortement marqué par sa personnalité les débuts de la Ve République. Ayant vécu la débâcle de 1940, il a souhaité redonner à l'exécutif un pouvoir qu'il n'avait pas les moyens d'exercer dans le régime parlementaire, qu'il qualifiait péjorativement de « régime des partis ». Il souhaita donc remédier aux défauts de la IIIe République, qui se reproduisaient au cours de la IVe République pendant la guerre d'Algérie. Le Président a une autorité, qui s'exerce dans les fontions régaliennes de la défense et de la politique étrangère.
Par la suite, les circonstances et la pratique de la fonction par les différents Présidents ont amené une évolution progressive. Chacun a donné son style. On peut cependant définir deux lectures distinctes de la Constitution, voire trois.
Dans le texte même de la Constitution, le Président était conçu comme celui qui arbitrait entre les différents pouvoirs (article 5) et qui, bien qu'ayant un faible pouvoir autonome, a pour principal pouvoir celui de demander à une autre autorité d'agir. Il est également le garant des institutions et de la Constitution.
Cette vision cependant, n'a jamais été mise en pratique, car le premier Président, le général de Gaulle, s'est servi de son poids historique pour s'accaparer l'ensemble des prérogatives de son Premier ministre, Pompidou.
À partir de 1962 et jusqu'en 1986 (date de la première cohabitation), la pratique 'normale' des institutions s'est établie. 1962 est une date clé puisqu'elle voit la conjonction de l'élection du Président au suffrage universel direct, responsabilité devant le peuple qui légitime ses pouvoirs, et du fait majoritaire parlementaire favorable au Président (création de l'UNR, l'Union pour la Nouvelle République). La lecture de la Constitution, qui établit un régime parlementaire, se fait dans un sens favorable au Président. Cette situation donne au Président français une situation exceptionnelle et mal cernée par les théories du droit constitutionnel classique. On associe en général droit de dissolution et responsabilité devant le Parlement : le chef de gouvernement anglais possède les deux (régime parlementaire), le président américain aucun (régime présidentiel). Dans le système français, c'est le président qui dispose du droit de dissolution, mais c'est le Premier ministre qui est responsable devant le Parlement. Le général de Gaulle, par le biais de son élection au suffrage universel direct en 1962 et de référendum réguliers, a mis en place une responsabilité du Président devant le peuple français : c'est sur un référendum perdu qu'il a quitté ses fonctions. Ses successeurs se sont contentés d'une responsabilité devant le peuple lors de la réélection. Maurice Duverger qualifie la France sous la Vè de régime semi-présidentiel, bien que cette catégorisation soit souvent contestée. L'appellation exacte reste "régime parlementaire présidentialisé".
Pendant les périodes de cohabitation, au contraire (1986-1988 ; 1993-1995 ; 1997-2002), la lecture de la Constitution devient plus littérale, on revient donc à un régime parlementaire, tel que l'avait prévu la Constitution, bien qu'il ne s'agisse toujours pas de ce qui avait été prévu originellement. En effet, le Chef du Gouvernement exerce alors pleinement toutes les prérogatives que lui donne la Constitution. Le Président, cependant, ne s'efface pas et conserve un certain nombre de prérogatives, notamment en matière de politique étrangère. L'Exécutif devient alors bicéphale.
Pour exemple, on peut citer l'article 8 alinéa 1 où le Président nomme et accepte la démission du Premier ministre. En pratique, cela veut dire que lors de sa nomination, le Président fait signer au Premier ministre sa lettre de démission non datée. Il peut donc démettre de ses fonctions le Premier ministre quand il le souhaite (ce qui a toujours été le cas, à l'exception de la "démission volontaire" de M. Jacques Chirac lorsqu'il fut Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing). En période de cohabitation, cependant, il perd ce pouvoir, puisque le Premier ministre est alors soutenu par la majorité parlementaire.
Les présidents de la Ve République sont:
Charles de Gaulle (1958-1965, 1965-1969)
Georges Pompidou (1969-1974)
Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981)
François Mitterrand (1981-1988, 1988-1995)
Jacques Chirac (1995-2002, 2002-2007)
Les textes
La Constitution
Les caractéristiques du mandat et de la fonction présidentiels sont définis par la Constitution de la Cinquième République aux articles 5 à 19. La place même de ces articles dans le texte fondamental montre l'importance nouvelle donnée à la fonction.
Les prérogatives du Président de la République sont soit :
- dispensées du contreseing du Premier ministre ou des ministres concernés (elles sont alors souvent abusivement appelées pouvoirs propres) en vertu de l'article 19;
- soumises au contreseing en vertu du même article.
Prérogatives dispensées du contreseing
Il nomme le Premier ministre et peut accepter sa démission (Article 8, alinéa 1). Il dispose du droit de message aux Assemblées (Article 18). Il peut dissoudre l'Assemblée nationale (Article 12), mais pas le Sénat. Il ne peut dissoudre de nouveau dans l'année qui suit.
Il peut proposer aux citoyens français un référendum, sur proposition du Gouvernement ou proposition conjointe des deux assemblées, relatif à une loi ou à la ratification d'un traité (Article 11). Le résultat du référendum lie le Président.
Il nomme trois membres du Conseil constitutionnel et choisi de son président (Article 56).
En période exceptionnelle, en vertu de l'article 16, le Président peut prendre des Actes de gouvernement (non contrôlés par le juge) ; ou des décisions législative ou réglementaire (contrôle du Conseil constitutionnel, mais non public).
Prérogatives soumises à contreseing
Il nomme et révoque les membres du Gouvernement sur proposition du Premier Ministre (Article 8, alinéa 2). Il préside le Conseil des ministres (Article 9). Il signe des ordonnances et des décrets en Conseil des ministres (Article 13). Enfin, il a le pouvoir de nomination aux emplois civils et militaires (pouvoir réglementaire autonome attribué au Premier Ministre) (Article 13 alinéa 2).
Il promulgue les lois (Article 10 alinéa 1). Il peut demander au Parlement une seconde délibération d'une loi ou de certaines de ses dispositions, qui ne peut lui être refusée (Article 10 alinéa 2). Il ouvre et clôt des sessions extraordinaires du Parlement, hors les cas où celui-ci se réunit de plein droit, à la demande du Premier ministre ou de la majorité absolue de l'Assemblée nationale (Article 30). C'est une compétence liée.
Il a l'initiative de la révision de la Constitution sur proposition du Premier Ministre (article 89). Il a le choix, lorsqu'il ne s'agit pas d'une proposition de loi référendaire (initiative du Parlement) - auquel cas la proposition doit obligatoirement faire l'objet d'un référendum - entre soumettre le projet de loi (initiative du Gouvernement) entre le référendum ou le Congrès (rassemblement des deux chambres du Parlement).
Sur proposition du Gouvernement ou des assemblées, il peut proposer un référendum sur l'adoption d'un projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions (article 11).
Il préside le Conseil supérieur de la magistrature et nomination d'un de ses membres (Article 64 à 66). Il a le droit de grâce (Article 17), contresigné par le garde des Sceaux. Contrairement à l'amnistie, ce droit ne supprime pas l'infraction mais diminue ou supprime la peine.
Il est le Chef de la diplomatie : accréditation des diplomates, diplomates étrangers accrédités auprès de lui (Article 14). La loi (parlementaire ou référendaire) autorise la négociation et la ratification des traités par le Président.
Il est le Chef des armées. Il préside les Conseils et Comités supérieurs de la Défense nationale.
Autres textes
- En France
Le décret du 12 juin 1996 lui fait disposer de l'arme nucléaire stratégique (prérogative soumis à contreseing).
Il est aussi grand maître de la Légion d'honneur (la plus haute autorité de l'ordre).
- En dehors de la France
En vertu de la Constitution de cette principauté, il est Coprince d'Andorre (régime dit de paréage : il est le Coprince laïc, l'autre Coprince étant un ecclésiastique, l'évèque d'Urgel, en Espagne)
Le Président de la République française est traditionnellement reçu au Vatican après son élection pour être nommé Chanoine honoraire de la Basilique majeure Saint-Jean du Latran à Rome (ce qui, pour l'anecdote, lui confère théoriquement le privilège d'entrer à cheval dans cette basilique). Il va de soi que ce privilège ne peut être accordé qu'à un Président de sexe masculin et de confession catholique romaine (ou à la rigueur de confession orthodoxe). Jusqu'en 2007, le problème ne s'est jamais posé, tous les chefs de l'État français ayant été des hommes de confession catholique romaine.
Les résidences
La résidence officielle et bureau du président est le Palais de l'Élysée, sis à Paris, rue du Faubourg Saint-Honoré.
Parmi les autres résidences présidentielles, on compte :
- Le Fort de Brégançon, dans le sud de la France sur la côte varoise, actuel lieu de villégiature officiel.
- L'Hôtel de Marigny, à côté du Palais de l'Élysée, lieu d'accueil des représentants étrangers.
- Le Château de Rambouillet, habituellement ouvert aux visiteurs et de temps en temps siège de réunions officielles.
- Le Domaine National de Marly-le-Roi, habituellement ouvert aux visiteurs et de temps en temps siège de réunions officielles.
- Le Domaine de Souzy-la-Briche, dans l'Essonne, une simple résidence privée.